L'auteur


< Cliquez ici > pour vous rendre sur la boutique du magazine LINEAIRES et commander en ligne cet ouvrage (paiement électronique sécurisé ou règlement par chèque).

Renseignements : 02.99.32.21.21

Pour commander


Frédéric Carluer-Lossouarn
,
36 ans, est journaliste au magazine Linéaires, mensuel spécialisé dans la grande distribution.

> Laisser un message à l'auteur
> Du même auteur

Recherche

Dimanche 11 février 2007

En 1958, André Haouy (88 ans aujourd’hui) dirigeait l’Express-Marché, premier supermarché français. J'ai eu la chance de le rencontrer à Reims, berceau de la société Goulet-Turpin. Avec gentillesse et une pointe d'humour, il a accepté de témoigner sur les premiers pas de l'Express-Marché.

 

Comment avez-vous été choisi pour prendre la tête du premier supermarché français ?

En 1958, juste avant l’ouverture de l’Express-Marché de Rueil-Plaine, j’étais instructeur au  centre de perfectionnement des gérants de Goulet-Turpin (un succursaliste rémois repris par Promodès en 1979, NDLR).  On m’a dit : « Vous êtes fait pour diriger ce magasin.» Ca m’a fait plaisir bien sûr mais j’ai vite été confronté à une foule de problèmes à résoudre. J’étais seul et c’était vraiment une très grande surface pour l’époque. Chez Goulet-Turpin, certains disaient : « 560 m² ça fait beaucoup ; si ça ne marche pas, on en fera un cinéma. » Ce n’était pas très encourageant.
Comment ont réagi les clients ?

Ils ont mis un peu de temps avant de prendre leurs marques. Je me souviens qu’au début, une bonne partie d’entre eux refusaient d’acheter de la viande préemballée. C’était vraiment une révolution à l’époque. Le boucher installé dans le centre commercial nous regardait d’un bon œil. Grâce à nous, il tournait bien. Un rayon trad a été ajouté dans l’Express-Marché quelques années plus tard.

Avez-vous dû revoir certains aménagements ?

Pour les gondoles, j’avais imaginé un système original. Il n’y avait pas d’étagères mais des paniers amovibles qui étaient remplis en réserve. Cela permettait de limiter la gêne pour les clients. Au bout d’un an nous les avons abandonnés. Nous perdions l’effet de masse. Une partie des paniers se trouvait constamment en réserves. Au début, on craignait aussi beaucoup les vols. Pour pouvoir surveiller d’un coup d’œil toute la surface de vente, les gondoles ne dépassaient pas 1 m 50 de haut. Les « bouts de gondole » ne montaient pas bien haut. On superposait deux ou trois paniers ou on empilait quelques boîtes de conserves. Pourtant, chez Goulet-Turpin, certains me disaient : « Tu es fou, tu n’arriveras jamais à vendre tout ça. » 
Y avait-il déjà de la musique d’ambiance et des spots de publicité ?

Oui mais je voulais de la musique douce, pas trop forte, pour ne pas déranger la clientèle. Pour les réclames, les premières années, il m’arrivait souvent d’enregistrer moi-même les messages publicitaires des grandes marques vendues dans le magasin. 
Y-a-t-il une anecdote qui vous a particulièrement marqué ? 
A Noël 1958, j’ai eu droit à mon premier hold-up. Des gars en cagoule ont débarqué. Ils ont plaqué un de mes employés au sol et ils m’ont mis un revolver sous le nez, un gros calibre. Au début je pensais que c’était un flingue de fête foraine mais lorsqu’on s’est retrouvé devant le coffre-fort, un coup de feu est parti accidentellement. Ils sont ressortis bredouilles ou presque. Ils ont juste pu emporter quelques sacs de monnaie. Le gros de la recette était transféré à la banque voisine par une goulotte percée dans le mur. Je me souviens leur avoir demandé de me laisser juste de quoi faire l’ouverture le lendemain matin. C’était pour donner le change parce que je tremblais quand même un peu.

Propos recueillis le 24 février et le 11 septembre 2006 par F. Carluer-Lossouarn

(Source : Frédéric Carluer-Lossouarn, LAventure des premiers supermarchés, Linéaires, 2007)

 Pour commander le livre : cliquez ici ou appelez au 02.99.32.21.21 

Par Frédéric Carluer-Lossouarn - Publié dans : Les interview des pionniers du supermarché
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Photos

Blog : Décoration sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus